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Ce jeudi, deux heures pour échanger sur la situation professionnelle des handicapés

Antoine Robert de Rancher organise, ce jeudi soir, une soirée sur l’emploi et le handicap. Avec un chiffre en tête : 21  % des chômeurs sont des personnes handicapées

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Antoine Robert de Rancher est un battant. Familiarisé très tôt aux problèmes du handicap, dont il a connu plusieurs déclinaisons dans sa famille (myopathie, sclérose en plaques, ou encore creutzfeld Jacob), il a lui-même expérimenté les limites d’un handicap physique temporairement invalidant.

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En rééducation à l’âge de 15 ans

Mais tout se passe comme si ce garçon de 24 ans en avait fait une force. Il n’a pas 15 ans, qu’avec sa famille, il doit déjà se battre pour trouver un hôpital ou un centre de rééducation qui veuille bien l’accueillir à la suite de complications après une opération. Dilemme : ou sa pathologie n’est pas connue, ou son âge ne lui permet pas d’entrer dans des centres prévus pour adultes. Accepté finalement aux Iris (à Marcy-l’Étoile), il en devient le plus jeune patient : « J’étais un peu la mascotte ! Je suis devenu paradoxalement le plus ancien, car je suis resté cinq mois, alors que les autres faisaient des séjours beaucoup plus brefs. »

 Expérience fondatrice pour Antoine, où s’enracinent beaucoup de ses choix de vie postérieurs. Il explique : « J’ai découvert une vraie solidarité, au-delà des clivages sociaux habituels. On se dit simplement : bonjour, ça va ? Tu peux m’aider ? Et toi, qu’est-ce que tu as ? On apprend l’entraide toute simple, sans dramatiser son mal. On rit beaucoup, on chahute, on se fait des blagues, alors même qu’on a tous des souffrances d’un bon calibre… » Il expérimente aussi les tracas administratifs : ses parents sont menacés d’une plainte, car leur fils n’est pas scolarisé et ils doivent prouver sa situation particulière.

Il a 15 ans et les kinés lui demandent : « Antoine, tu peux t’occuper de celui qui vient d’arriver ? Il n’a pas trop le moral. » Et il découvre aussi les commandes automatiques, le bras mécanique qui sort pour plier et ranger un fauteuil roulant… Sachant d’expérience ce que c’est que d’être ralenti par la morphine, il ne s’étonnera pas quand il apprendra plus tard que ce sont seulement 2 ou 3  % des handicaps qui sont visibles.

L’épisode n’est sans doute pas pour rien dans son choix d’un BTS domotique, après son Bac S, avant de réussir le concours d’entrer au Centre des études supérieures industrielles (Cesi).

Élève, il fait découvrir le monde du handicap

Habitant Saint-Genis-les-Ollières, Antoine suit aujourd’hui une formation d’ingénieur en alternance à Écully. Fan d’imprimantes 3 D, et aimant tester, modéliser, faire des prototypes, il est content de travailler dans une entreprise de taille moyenne en Haute-Saône, où son patron lui laisse beaucoup d’initiatives. Parallèlement, les formateurs du Cesi l’encouragent à développer sa connaissance pointue du monde du handicap pour y sensibiliser à la fois ses condisciples, l’entreprise et la société en général. C’est ainsi qu’en avril dernier, il a préparé un après-midi où il a fait découvrir concrètement, avec plusieurs astuces techniques, ce que c’est que marcher avec des béquilles, avoir des muscles qui ne répondent pas, ou une mauvaise vision.

Devant le succès de l’opération, ses formateurs l’ont encouragé à organiser une nouvelle rencontre qui s’annonce passionnante : outre la participation théâtrale de comédiens en situation de handicap et la présence de divers intervenants qu’il a sollicités, Antoine sortira sa « botte secrète » : il sait parler vrai, avec du rire et de l’émotion. C’est ce jeudi, au Cesi, c’est gratuit et ouvert à tous, moyennant une inscription préalable.

Au Cesi, ce jeudi, à 18 heures, après une ouverture par les comédiens de la troupe La petite fabrique, abordant avec humour les thèmes de l’emploi et de la maladie, des échanges et débats auront lieu, en présence de professionnels du handicap. Ils porteront, entre autres, sur la vie professionnelle des salariés handicapés et l’adaptation des lieux de travail à leurs situations. Un verre de l’amitié sera servi à partir de 19 h 30. Autour d’Antoine Robert de Rancher, il y aura Jean-Paul Piron, directeur de l’Établissement et service d’aide par le travail (Esat) Hélène-Rivet, Dominique Allanet, chargé d’études et de développement de l’Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées (Agefiph), Guy Renaudin, directeur de l’APF France handicap, et Cyrille Simminger, directeur de l’Opcalia (organisme paritaire agréé par l’État pour collecter auprès des entreprises, mutualiser et redistribuer les fonds de la formation professionnelle).

Article paru dans le progrès du 28/06/2018

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